Le Service d’aide communautaire Anjou face à l’insécurité alimentaire

« On travaille beaucoup dans l’inconnu. » Isabelle Charlebois, directrice des programmes au SAC Anjou

 Souvenez-vous, le 23 mars 2020 – Le premier ministre du Québec François Legault a pris la décision de fermer toutes les entreprises non essentielles; tout le Québec mis sur pause, selon ses mots. 

 Après plus de quarante ans de services à la population, le Service d’aide communautaire Anjou (SAC Anjou) interrompt abruptement ses activités: ateliers d’informatique, bulletin La Plume,  services aux aînés, dépannage alimentaire, alphabétisation, club de lecture, conférences de toutes sortes, cuisine, sorties extérieures, ateliers parents-enfants, soutien scolaire et autres services; tout, tout cesse subitement.

Le Québec sur pause: les entreprises sur pause, les institutions scolaires sur pause, le communautaire sur pause. Pourtant, les besoins de services alimentaires, de loisirs et autres, les besoins de contacts humains pour une population économiquement et socialement vulnérable de l’est de Montréal ne sont pas sur pause.

Mars 2020 : les services communautaires fragilisés

Dès l’annonce du gouvernement de cesser toute activité, Isabelle Charlebois, directrice des programmes, et son personnel s’assurent que les bénévoles du Service communautaire se portent bien en effectuant des appels de courtoisie.

Environ une centaine de bénévoles oeuvrent dans le SAC Anjou dont plusieurs sont âgés de plus de soixante-cinq ans, donc davantage à risque d’être atteint par la COVID-19.

La crise sanitaire fragilise les services communautaires alors qu’au même moment  de nouveaux besoins de services apparaissent chez une population qui se retrouvent en arrêt de travail.

La crise risque aussi d’isoler davantage les personnes les plus vulnérables à cause de la maladie ou de la pauvreté, et qui sont aussi une clientèle qui utilise les services du centre communautaires de l’avenue Azilda, à Montréal.

 Quoi faire pour continuer à aider la population angevine touchée par la crise à l’intérieur des contraintes souvent changeantes de la santé publique? Selon Isabelle Charlebois, le SAC Anjou affronte une nouvelle réalité. « On travaille beaucoup dans l’inconnu. […] Il faut voir autrement, penser autrement. ».

L’insécurité alimentaire dans toutes les classes sociales

 Mars 2020: une résidente angevine qui n’avait jamais fréquentée une banque alimentaire se retrouve insécure car elle n’aura pas d’entrée d’argent pendant deux semaines; elle fait appel aux services du SAC Anjou pour la première fois dans l’attente de recevoir la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Une nouvelle situation qui se multiplie rapidement dans l’arrondissement d’Anjou et dans toute la province.

 Anjou: La pandémie a changé le visage des banques alimentaires, titrait le Journal MétroMercier-Anjou du 28 septembre dernier. 

Au SAC Anjou, de cent-cinquante bénéficiaires de l’aide alimentaire, ce nombre passe à plus de cinq-cents en quelques jours.  Le Québec sur pause : l’insécurité alimentaire se fait sentir dans toutes les classes sociales. 

Lors de sa conférence de presse quotidienne du 26 mars dernier, le François Legault invitait les citoyens dans le besoin à faire appel aux banques alimentaires : « Les Québécois ne doivent pas être gênés d’aller dans les banques alimentaires. »

Dans le même ordre d’idées, le premier ministre invitait la population en mesure de le faire à œuvrer à titre de bénévoles. D’ailleurs, l’arrondissement manque de bénévoles, déclarait Francine Baril, directrice générale du SAC Anjou, au journal Métro Mercier-Anjou du 28 septembre. Suite au déconfinement plusieurs bénévoles ont repris le travail.

Le SAC Anjou sous le signe de l’adaptation

Adaptation est le leitmotiv de la directrice des programmes.  Adaptation pour offrir à nouveau des services dans le respect des normes d’hygiène en vigueur. Adaptation pour pallier à l’insécurité alimentaire : la mission première du SAC Anjou.

En collaboration avec l’arrondissement d’Anjou et le Centre Humanitaire d’Organisation de Ressources et de Références Anjou (CHORRA),  la banque alimentaire du SAC Anjou reprend ses activités après une interruption d’une semaine sous le nom Dépannage alimentaire d’Anjou dans l’Aréna Chaumont de l’arrondissement.           

Environ une trentaine d’employés et de bénévoles s’affairent sur une période de deux jours semaine. Inscription, confection de sacs de denrées, distribution, livraison à domicile pour certains usagers; toutes tâches effectuées sous le signe de l’imprévu et de l’adaptation.

Qualifiant son personnel d’impliqué et de débrouillard, Isabelle Charlebois nous parle avec entrain et enthousiasme d’adaptation et de créativité pour respecter les normes: « Tout le monde s’est ajusté! »

la banque alimentaire du SAC Anjou reprend ses activités dans l’Aréna Chaumont     

Un nouveau service et la solidarité

Le service de popote roulante est interrompu dans l’arrondissement d’Anjou. Le SAC Anjou devient porteur d’un nouveau projet de livraison de plats congelés à domicile pour les personnes âgées de plus de 85 ans.

La solidarité se manifeste : le Réseau alimentaire de l’Est fournit les plats ; l’arrondissement d’Anjou, le CHORRA et le Service d’Aide et de Référence Aîné (SARA d’Anjou) y participent.

Le Réseau alimentaire de l’Est travaille à des projets d’accès à l’alimentation dans l’Est de Montréal (information, approvisionnement, jardin collectifs et autres); une mission qui rejoint la mission de l’autonomie alimentaire du SAC Anjou.

Le SAC Anjou: une histoire de services à suivre

Au SAC Anjou, Isabelle Charlebois et son personnel (employés et bénévoles) s’adaptent constamment aux contraintes et aux nouveaux besoins suscités par la pandémie.

En dépit des contraintes, des activités ont pu reprendre. Le club de lecture s’est transformé en club de lecture en Zoom (ou en ligne).

Histoire de rire de certaines difficultés causées par le confinement et de parler de d’autres choses que de la COVID, l’organisme a publié un bulletin papier anti viral, La Plume.

Dédiée à son personnel et à la communauté angevine, Isabelle Charlebois déclare avec enthousiasme : « J’adore le communautaire, c’est une surprise à tous les jours. » Parlant positivement du travail de son personnel: « Tout le monde garde le moral! », nous dit-elle.

 Le SAC Anjou pendant la pandémie : une adaptation constante. Et, nous pouvons prédire, une adaptation constante dans l’après COVID-19. Isabelle Charlebois a plein de scénarios pour l’après crise. Le SAC Anjou : une histoire de services à la population à suivre…

Pour faire du bénévolat dans l’Est de Montréal:
514 523-6599
info@accesbenevolat.org
https://www.accesbenevolat.org/fr/acceuil/contactez-nous

 Sources:

  • Isabelle Charlebois, chef de programme du SAC Anjou
  • Francine Baril, directrice générale

Crédits photos: SAC Anjou

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