Les défis de l’alphabétisation : lire et écrire en 2018

C’est la rentrée ! Alors que l’été semble s’étirer encore un peu, petits et grands ont déjà repris les cours. Pour plusieurs, cahier et crayon en main, une grande révolution aura lieu cette année : ils apprendront à lire et à écrire. Des lettres deviendront des syllabes, des syllabes des mots et des mots, des phrases!

La Journée internationale de l’alphabétisation a lieu à chaque année, le 8 septembre. Cette journée est l’occasion pour l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (l’UNESCO) de célébrer le travail accompli par ses pays membres pour lutter contre l’analphabétisme tant chez les adultes que chez les jeunes.

Sa mission principale ? « Veiller à ce que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes sachent lire, écrire et compter d’ici 2030. »

Des efforts récompensés

Des activités auront lieu aux quatre coins du monde pour célébrer et souligner le travail d’organismes gouvernementaux, d’organismes indépendants et d’individus en matière d’alphabétisation. Depuis 1967, des prix d’excellence sont remis lors d’une cérémonie officielle au siège de l’UNESCO. Ces prix visent à mettre en lumière le travail d’organisme portant concrètement vers l’avant l’objectif 2030 de l’UNESCO. Cette année, les initiatives récompensées œuvrent en Iran, en Afghanistan, en Uruguay, en Espagne et au Nigéria.

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Un peu d’histoire

Le 8 septembre 1965, des représentants et représentantes de 88 pays se réunissent à Téhéran pour un congrès dédié à la lutte contre l’analphabétisme. À l’époque, ce sont près d’un milliard de personnes à travers le monde qui ne savent ni lire ni écrire. Le Congrès des ministres de l’Éducation sur l’élimination de l’analphabétisme, une initiative de l’UNESCO, tente alors de mettre en place des stratégies visant à améliorer la situation et proclame que « la lutte contre un fléau de cette envergure devrait être menée solidairement par l’humanité tout entière ». C’est ainsi que la Journée internationale de l’alphabétisation voit le jour.

Un défi de taille

Si la situation s’est améliorée depuis 1965, il reste évidemment encore beaucoup à faire. Selon l’Institut de statistique de l’UNESCO, il est estimé qu’à ce jour pas moins de 750 millions d’adultes dans le monde entier sont analphabètes. Deux tiers de ces adultes sont des femmes. Cette année l’UNESCO met l’accent sur l’acquisition de compétences techniques et professionnelles chez les adultes.

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La situation au Québec

19 % des Québécois et Québécoises auraient des capacités très limitées à traiter l’information écrite. Cela représente environ une personne sur cinq selon l’Institut de la statistique du Québec. Ce taux est énorme et plusieurs organismes de la province souhaitent voir la mise en place des mesures concrètes pour améliorer la situation. Le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ) nous rappelle que l’analphabétisme va de pair avec les inégalités sociales. Ce sont les milieux défavorisés qui comptent le plus haut taux d’adultes et de jeunes analphabètes. La situation est la même ailleurs dans le monde. En général, cette partie de la population souffre d’exclusion et se voit dépossédée de nombreux droits fondamentaux dont, bien évidemment, le droit à l’éducation et au travail.

Les démarches citoyennes en alphabétisation ont un grand effet sur le bien-être d’un individu et de son entourage. Stéphane Mercier, directeur général de l’Institut de la statistique du Québec, souligne que « l’acquisition et le maintien de compétences élevées en littératie, numératie et résolution de problèmes permettent aux individus de participer pleinement à la vie en société. »

À Montréal…

Certains organismes membres d’Accès bénévolat travaillent à la littératie et à la numératie de la population montréalaise. Ils comptent au sein de leurs équipes plusieurs bénévoles contribuant à l’atteinte de leurs objectifs respectifs.

Le Collège Frontière

Le Collège Frontière travaille à l’alphabétisation, à la francisation et à la prévention.

Le Service d’aide communautaire d’Anjou

Le Service d’aide communautaire d’Anjou offre des choix de parcours qui favorisent, par l’acquisition de compétences sociales, l’autonomie des personnes économiquement ou socialement vulnérables. L’organisme contribue à l’amélioration de la qualité de vie de tous et chacun par des actions réalisées en collaboration avec les bénévoles et les partenaires.

Lire et faire lire

Lire et faire lire offre dans les écoles et les services de garde (centres de la petite enfance, garderies, services de garde en milieu familial), en collaboration avec les bibliothèques et le milieu communautaire, un programme intergénérationnel en lecture aux enfants de 4 à 8 ans afin de développer le plaisir de lire, de diminuer l’échec scolaire, d’aider à l’intégration des enfants de familles immigrantes ou d’enfants en difficulté d’apprentissage, ainsi que de prévenir la délinquance.

 

par Catherine Aubé

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