« S’offrir un SNAC »

epicerieChaque mois, Accès Bénévolat vous présente une organisation membre. Notre bénévole rédacteur, Jean-Charles, vous fait découvrir le SNAC ( Service de Nutrition et d’Action Communautaire) qui a pour mission d’offrir de l’aide alimentaire des résidents les plus démunis du quartier d’Ahuntsic. Bonne lecture !

Une véritable « ruche »

Louise Donaldson, directrice adjointe et responsable des bénévoles, m’a invité un mercredi après-midi de septembre.  Elle voulait me montrer la journée la plus occupée de la semaine.  Ce jour-là, les responsables organisaient une distribution alimentaire pour les usagers de cet organisme communautaire, dans leurs locaux.

Je confirme, c’était très achalandé vers 14 h 00.  Il y avait du monde partout dans les locaux du SNAC.  Une des salles était occupée par les usagers en attente d’une inscription.  Des tables étaient alignées en bon ordre dans la salle d’à côté et sur lesquelles on avait étalé la nourriture à distribuer.  Deux cuisinières s’affairaient dans la cuisine à préparer des repas.  On croisait sans cesse des gens qui circulaient dans les corridors.  Bref, c’était le moment «ruche» de la semaine. Je reprends l’analogie de Louise qui parlait des 5 employés du SNAC et des bénévoles comme des abeilles, tant il y a à faire.

Des repas pour tous depuis 1992

Le SNAC existe depuis 1992.  On souligne le 25e anniversaire en octobre.  Sa mission est d’améliorer la sécurité alimentaire des résidents du quartier Ahuntsic ayant un revenu sous le seuil du faible revenu.  L’organisme y réussit de diverses façons.

antonio
Antonio Trejo , intervenant communautaire

Outre cette distribution alimentaire à tous les mercredis de la semaine, le SNAC organise des repas communautaires (l’un dans leurs locaux; deux autres dans des HLM), on y prépare des plats congelés qui seront vendus à prix modique, on y fournit un service de traiteur.  Le SNAC offre également un atelier de cuisine le vendredi après-midi et met en place deux autres distributions alimentaires à la Solidarité Ahuntsic-Maison du monde et au Centre Saints-Martyrs-Canadiens.

En résumé, les responsables et les bénévoles sont dans la bouffe tout le temps.

Pas tout à fait.  Le lundi est consacré à l’intervention sociale auprès des usagers.  Antonio Trejo (sur la photo), intervenant communautaire, s’attarde, cette journée-là, à rencontrer les gens dans le but d’encourager l’implication et le développement du potentiel des usagers.  C’est pour dire qu’on ne s’occupe pas juste du ventre.

Le bénévolat pour « Donner au suivant »

Si j’associe toujours responsables et bénévoles, c’est qu’ils ne peuvent pas être disjoints.  Vu le nombre peu élevé d’employés, l’organisme ne pourrait offrir tous ses services sans l’aide de bénévoles.  Ils sont plus de 200.  Pour la journée la plus occupée, 15 bénévoles sont requis à la distribution alimentaire.  Les repas communautaires exigent 6 à 7 volontaires, par exemple. Plusieurs autres activités requièrent son lot de bénévoles tels les Magasins-Partages de la rentrée et de NoëlLe SNAC accueille en permanence les futurs candidats pour le bénévolat.

Louise m’indique que les équipes de bénévoles sont relativement stables et fidèles.
Qu’est-ce qui explique cette constance?

Premièrement, la moitié des bénévoles sont aussi des usagers.  L’expression «Donner au suivant» prend tout son sens.  Ensuite,

«La plus-value du SNAC est l’ambiance autant pour les bénévoles que pour les usagers» ajoute Louise.

Malgré le côté difficile pour l’usager qui traverse le seuil de l’organisme à demander de l’aide alimentaire, Louise me dit qu’on vise un but pour tous au SNAC : celui d’avoir du plaisir.  Avis aux intéressés…

Du marketing au communautaire

louise donaldsonLouise est à l’emploi du SNAC depuis avril 2015.  Elle y était bénévole depuis 2013.  Diplômée en Marketing au HEC, elle a travaillé pour un grand distributeur alimentaire pendant 13 ans et pour une agence de publicité pendant 10 ans.  Disons qu’elle est bien ferrée pour assumer ses fonctions puisqu’elle est aussi responsable des levées de fonds et des Magasins-Partage de la rentrée et de Noël.  Elle a quitté son emploi et elle ne le regrette pas.  Elle en témoigne avec quelques commentaires, lâchés ici et là, et continue à déployer son savoir-faire dans ce qu’elle aime, le marketing :

«Je me couche le soir [satisfaite], j’ai aidé du monde. Je suis tombée les deux pieds dans le communautaire et je ne veux pas en sortir

Convenez avec moi qu’une autre expression prend ici tout son sens dans «La bonne personne, au bon moment, au bon endroit».

SNAC pour tous !

Autre expression.  L’acronyme SNAC a été choisi à la fondation de l’organisme pour correspondre à l’expression québécoise utilisée dans les années 1960-1980 (inspiration confirmée par Louise).  S’offrir un snac était de s’offrir un repas copieux et parfois décadent.  Le mot était emprunté à l’anglais, du mot snackbar (restaurant de repas rapides). Si la résolution avouée de l’organisme demeure de servir, à l’occasion, un bon snac, au sens propre, aux usagers qui le fréquentent, disons aussi qu’il offre un bon snac à tous, employés et bénévoles inclus, cette fois au sens figuré, un snac en relation humaine.

C’est l’impression que me laisse Louise de cette visite.

Jean-Charles Meunier

 

 

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