Un souvenir de bénévolat #2

Voici un nouvel article d’une série sur les souvenirs de bénévolat. 

Monique Robichaud raconte son expérience de bénévolat au Phare, Enfants et famille et à la Maison des Enfants.

J’ai répondu à une annonce de cet organisme qui offre du répit aux familles avec des enfants ayant une maladie dégénérative. J’ai passé une entrevue puis j’ai été formée pendant deux jours sur la réalité des enfants malades. Ceci me rassurait quant au soutien que j’aurais, une fois les parents partis. Déjà, après la formation, on nous a jumelés avec un enfant. J’ai constaté que l’équipe avait bien jugé de la compatibilité du bénévole avec l‘enfant.

Tenir un enfant dans ses bras

Je suis donc allée avec un responsable visiter Julia, avec sa famille. Je me sens un brin ébranlé, comme cela m’arrive avec tout enfant naissant, mais Julia a 8 ans. Elle ne peut ni parler ni marcher, mais je sens que sa famille est calme et s’occupe bien d’elle. Ils avaient besoin d’un moment pour se retrouver et ils préféraient avoir quelqu’un pendant 4 heures, les samedis.

J’ai alors commencé cet accompagnement, qui dura deux ans, avec la plus gentille fillette. Julia était contente quand j’arrivais. Je voulais contribuer à l’effort de stimulation que sa mère lui donnait. Tous les jours, je me faisais un dessin sur la joue.

Étonnamment, elle préférait rester à l’intérieur pour faire les activités que je lui proposais. Le matin, j’étais assez énergique pour lui faire faire l’avion et passer du temps à stimuler son corps léger. Ensuite, venait une petite heure à la tenir contre moi pour lui donner à manger. En après-midi, je continuais avec les chansons et des jeux que j’amenais. La dernière heure, on était plus tranquille en regardant la télévision. Je garde en souvenir des moments heureux et une boule de Noël faite avec sa mère.

Boule de Noel, souvenir de Julia et de sa maman

J’ai quitté cette belle famille, car j’avais recommencé à travailler et cela prenait beaucoup d’énergie. Je me disais que je reviendrais quand la Maison des Enfants serait construite, car c’est dans mon quartier.

Un jour, je pus recommencer à procurer des loisirs et du réconfort aux enfants qui passaient quelques nuits à la Maison. Soutenu par le personnel médical, chaque bénévole apprenait les consignes, selon les maladies des enfants.

Ensuite, on pouvait passer aux moments joyeux : à faire des courses dans les corridors, à jouer dans la caverne d’Alibaba des jouets et peluches, à chanter et jouer de divers instruments à la salle de musique, à dessiner dans la salle d’art ou à s’émerveiller devant les lumières colorées de la chambre de stimulation.

Des jeux avec les enfants, plein d'amour et de bienveillance

La Maison a aussi une piscine, que les enfants adorent. Je faisais alors la surveillante des urgences. Lorsqu’il faisait beau, on les promenait dans le quartier et dans le parc tout près.

La Maison a maintenant son propre petit parc avec des appareils adaptés à nos petits cœurs. J’étais aussi là pendant leur repas. On se retrouvait autour de la table, gavés ou non, pour s’encourager à manger les plats que la cuisinière nous avait préparés. Dans l’après-midi, une activité dirigée par les éducatrices spécialisées avait souvent lieu.

J’ai changé par la suite au bénévolat en soir de semaine. Le moment est plus calme avec en premier le souper puis la préparation des enfants pour le coucher. Après une belle journée, ils s’endorment habituellement, rapidement. 

Si j’ai offert de mon temps si longtemps avec le Phare, c’est que j’éprouvais une satisfaction à leur procurer du plaisir, des moments d’attention et de liberté.

Au final, j’ai reçu plus que j’ai donné. 

Monique.

Et connaissez-vous l’histoire d’une cinquantenaire et de son bénévolat, alors qu’elle avait 16 ans ?

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Crédits photos: Tama66, Pexels, Pixels2013